Les chutes des personnes âgées : un enjeu de santé publique et d’autonomie

La chute est un véritable problème de société, tant par ses conséquences humaines que par son impact sur notre système de santé et sur l’accompagnement des personnes âgées.
Cette page présente les principaux enjeux liés aux chutes chez les personnes âgées, leurs facteurs de risque, leurs conséquences et les moyens de les prévenir.


Une problématique majeure pour l’autonomie

Avec l’âge, le risque de chute augmente. Une chute peut entraîner des blessures parfois graves, une hospitalisation et, dans les situations les plus dramatiques, le décès. Mais ses conséquences ne sont pas uniquement physiques.
Après une chute, certaines personnes perdent confiance en elles, réduisent leurs déplacements et leurs activités quotidiennes. La peur de tomber à nouveau peut progressivement conduire à une diminution de l’activité physique, à un repli sur soi et à une réduction des relations sociales.
La Haute Autorité de Santé considère ainsi la chute comme un marqueur de fragilité et un facteur prédictif de dépendance. Elle souligne également que la peur de chuter peut conduire la personne à limiter ses activités, ses déplacements et ses relations sociales. 

Prévenir les chutes, c’est donc aussi préserver la confiance, la mobilité, le lien social et l’autonomie.


Les chiffres

Les données françaises les plus récentes montrent l’ampleur du phénomène.
En France, en 2024174 824 personnes âgées de 65 ans et plus ont été hospitalisées à la suite d’une chute.
La même année, 20 148 personnes âgées de 65 ans et plus sont décédées en lien avec une chute.
Entre 2019 et 2024, le taux standardisé d’hospitalisation lié aux chutes a augmenté de 20,5 %, tandis que le taux standardisé de mortalité a augmenté de 18 %.
Le risque augmente fortement avec l’âge : en 2024, le taux d’hospitalisation lié à une chute était 8,6 fois plus élevé chez les personnes âgées de 85 ans et plus que chez celles âgées de 65 à 74 ans. Pour la mortalité, le taux était 29 fois plus élevé.
Par ailleurs, selon le Baromètre de Santé publique France, près d’une personne sur cinq déclarait avoir chuté au cours des douze derniers mois en 2024.


Pourquoi tombe-t-on ?

Une chute est rarement due à une cause unique. Elle résulte généralement de la combinaison de plusieurs facteurs liés à la personne, à son état de santé, à ses habitudes de vie et à son environnement.

Les facteurs physiques et médicaux

Le vieillissement peut progressivement modifier l’équilibre, la mobilité, la force musculaire, la vision ou encore les capacités sensorielles. L’Assurance Maladie rappelle que les chutes résultent souvent de plusieurs facteurs présents simultanément chez une même personne.

Plusieurs situations peuvent augmenter le risque de chute
  • faiblesse musculaire et diminution de la mobilité ;
  • troubles de l’équilibre ou de la marche ;
  • vertiges ou hypotension ;
  • troubles neurologiques ou cardiovasculaires ;
  • problèmes articulaires ;
  • troubles de la vision ou de l’audition ;
  • problèmes de pieds ;
  • dénutrition et perte de masse musculaire ;
  • certaines maladies ou pathologies chroniques.
Les médicaments

Certains médicaments peuvent augmenter le risque de chute, notamment lorsqu’ils ont un effet sur la vigilance, l’équilibre ou la tension artérielle.
La prise de plusieurs médicaments simultanément peut également accroître ce risque en raison de leurs interactions ou de leurs effets cumulés.
Il est donc important de faire régulièrement le point avec son médecin ou son pharmacien sur les traitements pris, y compris ceux disponibles sans ordonnance. 

L’environnement et l’habitat

Le logement peut lui aussi contribuer au risque de chute.
Parmi les situations fréquemment identifiées :

  • tapis ou revêtements glissants ;
  • salle de bains insuffisamment sécurisée ;
  • fils électriques ou objets encombrant les lieux de passage ;
  • éclairage insuffisant ;
  • meubles instables ou mal positionnés ;
  • objets placés trop haut ou trop bas ;
  • escabeaux et chaises utilisés pour atteindre des objets ;
  • chaussures mal adaptées.

À l’extérieur, les trottoirs dégradés ou glissants, les travaux, les différences de niveau ou encore certaines conditions météorologiques peuvent également constituer des facteurs de risque.

L’adaptation du logement et de l’environnement constitue ainsi un axe important de la prévention. 

La sédentarité et le manque d’activité physique

La diminution progressive de l’activité physique peut entraîner une perte de force musculaire et de mobilité et contribuer à la dégradation de l’équilibre.
À l’inverse, une activité physique adaptée permet de travailler notamment la force musculaire, l’équilibre et la mobilité.
La Haute Autorité de Santé recommande ainsi l’activité physique dans la prévention des chutes chez les personnes âgées à risque. L’Organisation mondiale de la Santé identifie également le travail de la force, de l’équilibre et des capacités fonctionnelles parmi les interventions efficaces de prévention. 

La dimension psychologique : quand la peur de tomber devient un risque

La chute ne s’arrête pas nécessairement au moment où la personne se relève.
Après une première chute, la peur de retomber peut s’installer. Certaines personnes vont alors limiter leurs sorties, éviter certaines activités ou renoncer progressivement à des déplacements qu’elles réalisaient auparavant sans difficulté.
Cette restriction peut à son tour favoriser la sédentarité, la perte de capacités physiques et l’isolement.

La peur de tomber peut ainsi participer à un véritable cercle vicieux :

chute → peur de retomber → diminution des activités → perte de capacités → fragilisation → augmentation du risque de chute.

La HAS souligne précisément cette relation entre chute, perte de confiance, peur de chuter, restriction des activités et réduction des relations sociales.
C’est pourquoi la prévention ne consiste pas seulement à supprimer les tapis ou à installer des barres d’appui.
Elle consiste également à préserver la confiance en soi, la mobilité et la capacité à continuer à vivre et à sortir de chez soi.


Les conséquences d’une chute

Les conséquences peuvent être physiques, psychologiques et sociales.
Une chute peut provoquer :

  • des blessures et des fractures ;
  • une hospitalisation ;
  • une perte de mobilité ;
  • une diminution des activités quotidiennes ;
  • une peur de retomber ;
  • une perte de confiance ;
  • un isolement social ;
  • une perte progressive d’autonomie.

Dans les situations les plus graves, elle peut conduire à une dépendance accrue ou au décès.
Les conséquences peuvent également dépasser largement l’individu et concerner les proches et les aidants, ainsi que les professionnels et les structures qui l’accompagnent.


Prévenir avant, pendant et après la chute

La prévention des chutes doit être envisagée de manière globale.
Elle passe notamment par :

  • le repérage des facteurs de risque ;
  • le maintien d’une activité physique adaptée ;
  • le travail de l’équilibre et de la mobilité ;
  • le suivi de la santé et des traitements ;
  • la surveillance de la vision et de l’audition ;
  • une alimentation adaptée et la prévention de la dénutrition ;
  • l’adaptation du logement ;
  • l’utilisation appropriée des aides techniques ;
  • l’information des personnes âgées, de leurs proches et des professionnels.

Le Plan national antichute des personnes âgées, lancé en 2022, s’articule autour de cinq grands axes : repérer les risques, aménager le logement et sécuriser les déplacements, favoriser les aides techniques à la mobilité, développer l’activité physique et favoriser la téléassistance. Il insiste également sur l’importance de l’information et de la sensibilisation. 


Prévenir, c’est agir avant la chute

Une chute n’est donc pas une fatalité du vieillissement. Elle est souvent le résultat de plusieurs facteurs sur lesquels il est possible d’agir. Mais prévenir les chutes, ce n’est pas seulement chercher à éviter un accident. C’est préserver la capacité à bouger, à sortir, à rencontrer les autres, à avoir confiance en soi et à continuer à vivre chez soi dans les meilleures conditions possibles.

La prévention doit donc dépasser la simple transmission d’informations.
Elle doit aller à la rencontre des personnes, susciter leur attention, provoquer la réflexion et donner envie d’agir.
Informer est essentiel.
Sensibiliser permet d’aller plus loin. Agir permet de faire la différence.

C’est dans cette démarche que nous inscrivons nos actions de terrain.

Nous souhaitons utiliser le théâtre et le spectacle vivant comme des outils de prévention et de sensibilisation : faire vivre des situations familières, susciter le rire et l’émotion, permettre l’identification et ouvrir un espace de dialogue.
Parce qu’un message de prévention est parfois plus efficace lorsqu’il ne se contente pas d’être expliqué, mais qu’il est vu, vécu, partagé et discuté.

Notre ambition : faire de la prévention un moment de rencontre et de prise de conscience, au service de l’autonomie et du bien-vieillir.


Références principales