Définition :

L’aidant familial est la personne non professionnelle qui vient en aide en partie ou totalement pour les activités de la vie quotidienne d’une personne de son entourage.
Cette aide peut prendre la forme de: « nursing, soins, accompagnement à l’éducation et à la vie sociale, démarches administratives, coordination, vigilance permanente, soutien psychologique, communication, activités domestiques… »

Source : CHARTE EUROPEENNE de l’AIDANT FAMILIAL avec le soutien de la  COFAC

Le contenu

Le cœur de ce projet repose sur quatre textes de théâtre commandés à deux auteurs  Anne Yvonne Kervern, et Morwenna Prigent. Chacun de ces textes est indépendant, et traite d’une situation particulière.
Le spectacle que nous proposons sera constitué de deux textes de M. Prigent « Eve a besoin d’aide » suivi de la « Le cabaret de la vérité » (titre provisoire) et d’un troisième texte écrit par A -Y Kervern, « Christine fille de Jeann » ou « Quentin IMC » les organisateurs choisiront l’une de ces deux saynètes.
Nous envisageons que le spectacle dure une heure et quart tout au plus.
Suite à la représentation nous pensons faire intervenir un psychologue auprès du public, afin de faciliter et d’accueillir les mots du public et permettre de libérer les ressentis.
Ce professionnel sera dépêché par l’organisateur ou via un organisme référent (Clic, réseau gérontologique).

 

Extraits des textes du spectacle :

Un texte écrit sur commande par Morwenna Prigent. La scène se déroule dans la maison, on y retrouve Paul (le mari), Eve ( sa femme), Agathe(la fille) venue pour l’occasion de son anniversaire et Franckie ( le fils qui est présent par skype depuis le Canada), extrait :

Eve: Où est ma casserole rouge ?

Tous : Pardon ?

Eve: Ma casserole rouge pour faire chauffer l’eau du café ?

Franckie : Coucou bonjour Maman tu viens me faire un bisous

Paul: Mais nous avons une cafetière.

Eve: Je ne me sers jamais de la cafetière

Paul: Mais voyons , si, amour, tu t’en sers tous les jours.

Eve: Ne me manipules pas ! Tout ça , c’est parce que tu as pris ma casserole rouge.

Paul: Mais de quelle casserole rouge, tu parles ?

Eve: De celle qui est rangée sous la corbeille de pain.

Agathe: Mais il n’y a jamais eu de casserole rouge à cet endroit là !

Franckie : Heu, il y a quelqu’un , ici radio St Laurent Hou !Hou !

Eve: Tu es bien informée, c’est toi qui l’a prise !

Agathe: Mais maman, pourquoi j’aurais pris une casserole ? J’ai des casseroles chez moi.

Eve: Tu prends toujours tout ce qui t’intéresse chez nous et tu ne rends jamais. Tu m’as toujours tout perdu, mes clefs, mes boucles d’oreilles et cette jupe que j’aimais tant, et maintenant ma casserole rouge ….

…….

Paul: Mais vous allez me foutre la paix, tous autant que vous êtes ! Je passe ma vie à lui faire la vie belle ! A lui raconter des histoires pour que tout cela soit moins dur pour elle et qu’elle n’entende plus ses souffrances ! A Prendre des rendez vous comme une secrétaire médicale ! …. Voyez vous, mes chers enfants, je connais presque tous les services de l’hôpital, j’appelle les infirmières par leur prénom. Et c’est pas tout : j’achète des fleurs tous les dimanches , pour que ça lui rappelle la campagne qu’elle aimait tant !Je repasse les vêtements qu’ Agatheachète à sa mère et qui sont impossible a repasser ! Quelle idée d’acheter du lin et du nylon ! Je la recoiffe après la coiffeuse à domicile qui fait ça à la va vite parce que c’est une vieille qui perd la boule, à quoi bon s’embêter ! …. Je passe mes journées à raviver des souvenirs pour ne pas qu’elle vous oublie, pour ne pas qu’elle oublie votre enfance et qu’elle vous fasse encore des confidences de petite fille et de petit garçon. Afin de soulager vos ego trop gros, quand les soirs de mélancolie vous lui demandez un peu d’amour et de rassurance avec vos« raconte moi comment j’étais petit ! » …. Est-ce que l’un d’entre vous m’a demandé comment j’allais aujourd’hui ? Mais, alors,  ça non ! Comment il va papa ? Comment est ce qu’il le vit tout ça ? Est-ce qu’il dort bien,  papa ? Combien de somnifères il a pris hier soir pour dormir et être en forme aujourd’hui Combien de calmants il prend tout les jours pour ne pas angoisser ? Tout le monde s’en fout ! Et les heures que je passe à nettoyer, récurer , cuisiner, aux courses , c’est normal, c’est sa vie ! Papa, il peut bien le faire.C’est à lui de faire ça et puis c’est tout , qu’il se démmerde Et puis il est de bonne humeur et ça t’emmerde, que je soits de bonne humeur ! Quand est ce qu’il est allé pêcher pour la dernière fois papa ? ¨Parce que c’est vrai il adorait pêcher ! oh, oups, on avait oublié ! ….. Démerdez vous, mais elle a intérêt à être chaude la tisane, elle ne supporte pas quand c’est tiède et prendra un malin plaisir à vous le dire ! Mais par contre , prenez en soin, elle le mérite, et même si vous me crachez dessus, je vous le jure que je l’aime votre mère ! Et puis Merde !Tchao !

une commande faite à Anne Yvonne Kervern. La scène se passe chez Jeanne la maman et Christine, sa fille , extrait :

Christine: Coucou Maman, ça va ?

Jeanne : Ah, c’est toi. J’attendais ton frère. Il arrive quand ?

Christine: Bientôt, un de ces jours .

Christine va chercher les fleurs et un vase .         

Christine: Tu as vu ,Maman,  j’ai acheté des fleurs.              

Jeanne s’anime.

Jeanne :  Elles sont belles. Il faut les mettre dans l’eau, elles vont s’abîmer.

Elles font ensemble le bouquet . Jeanne est précise et affairée. Christine l’aide discrètement et surtout la regarde avec tendresse. Véritable échange entre elles. Jeanne compose un joli bouquet.

Jeanne :  C’est joli, hein ?

Christine: Très. J’aime beaucoup. On le met où ? Sur la table ou sur là bas ?

Jeanne se crispe, regarde les endroits que Christine a désignés, avec incompréhension.

Jeanne :  Je ne sais pas moi, je n’en sais rien . Toutes ces questions .. et où et quoi?  C’est terrible, voyons d’insister comme ça .Toujours , toujours des questions et alors…

Christine: Il n’y a pas  de problème, Maman . Tout va bien . Je vais …

Jeanne:  Qu’est-ce que tu fais avec ce vase?

Christine: Hein ? Rien. Je …

Christine: elle le  pose  sur la table ou ailleurs.

Jeanne : Je suis fatiguée . Il est quelle heure?

Christine: Sept heures. Je vais regarder mes messages et je préparerai à manger .

Jeanne :  Je n’ai pas faim.

Christine: Repose -toi un petit peu.

Christine l’accompagne à son fauteuil  , l’aide à s’installer.

Christine: Tu es bien comme ça ?

Jeanne ne répond pas . Christine s’installe à son ordi, peu de temps après Jeanne se lève , prend son sac,

Christine: Maman, qu’est-ce que tu fais?

Jeanne : Je vais acheter des oeufs pour les crèpes.

Christine: Tu as envie de crèpes ?

Jeanne : On est mercredi, le mercredi c’est crèpe.
………

Jeanne : Elles sont lourdes ces fourchettes.

Christine: Prends celle-ci peut-être, c’est mieux.

Jeanne :  Je n’ai pas faim. Et cette musique là, c’est fatiguant.

Christine: Quelle musique?

Jeanne : La musique de bal voyons , tu n’entends pas ?

Christine: Non.

Jeanne : Ce n’est pas possible . Ecoute! Chut! (Elle fredonne) C’est trop fort. Tu entends là?

Christine: Oui, oui. Je vais l’arrêter.

Christine: se lève, fait un tour dans la pièce;

Christine:  Voilà.

Jeanne : C’est mieux. C’était joli mais je suis fatiguée.

Christine:   Tu n’as plus faim, Maman?

Jeanne : Non.

Jeanne  se lève et erre dans la pièce, sa serviette de table à la main. Christine, qui n’a pas touché à son assiette, débarrasse la table. Elle sent une odeur gènante quand elle passe près de Jeanne.

Christine: Maman, je crois qu’il faut qu’on aille aux toilettes. ( elle prend le paquet de couches)

Jeanne ( qui essuie la table) : Je n’ai pas fini mon ménage. Si on laisse trainer, après on est  débordé.

Christine: Tu finiras après. Mais là , il faut vraiment y aller. S’il te plait..Viens.

Christine tente de prendre Jeanne par l’épaule et de l’emmener.

Jeanne : Mais laisse-moi, voyons. C’est terrible ça.

Christine ( haussant le ton): ça suffit! tu as besoin d’être changée. C’est comme ça et puis c’est tout. Moi aussi , je m’en passerais bien .

Jeanne :Pourquoi tu cries? Qu’est-ce qui se passe?

Christine: Pardon, désolée.Tout va bien, viens avec moi.

(titre provisoire), un texte commandé à Morwenna Prigent. Dans cette saynète, le public est transporté dans un cabaret , avec une chanteuse qui livre au public sa dernière création, une chanson qui embellit la beauté de vieillir ensemble … Une personne du public ( une comédienne) intervient pour exprimer son mécontentement sur ce qu’elle vient d’entendre, extrait :

La chanteuse: Ne vous énervez pas !

La vieille : Je m’énerve si je veux ! Cessez de me donner des ordres !

Le comédien : Restez à votre place, madame.

La vieille : Non, je veux monter sur scène, je veux leur dire la vérité.

Le comédien : Madame soyez sympa. Nous, on fait un spectacle.

La vieille : Oui , et bien moi je vis.
……….

La vieille : Oui je pense que vous voyez. La vie , vous , vous l’avez dans les mains. Elle ne vous fait pas mal. Vous ne vous rendez même pas compte que vous la tenez, là, bien au chaud, la vie. Vous jonglez avec vos petits tracas. Mais moi j’ai vu la mort prendre possession de mon mari. Je l’ai accompagné la mort. Elle, qui a gagné, Henry, pas à pas. Alors vos petits ennuis me semblent si futiles…Henry était si solide, qui ne fallait que le toucher pour que les peines s’envolent et les angoisses se désarment. Il a été de tous mes rires pendant 60 ans. Et puis, un jour ce colosse, j’ai dû le nourrir à la petite cuillère. A la petite cuillère , vous entendez ? Comme un tout petit enfant. Une satanée petite cuillère, qui est devenue notre seul lien. Une satanée petite cuillère que j’ai fini par jeter à la poubelle , un soir de fatigue. Juste une petite cuillère entre lui et moi.

(titre provisoire), un texte commandé à Morwenna Prigent. Dans cette saynète, le public est transporté dans un cabaret , avec une chanteuse qui livre au public sa dernière création, une chanson qui embellit la beauté de vieillir ensemble … Une personne du public ( une comédienne) intervient pour exprimer son mécontentement sur ce qu’elle vient d’entendre, extrait :

La chanteuse: Ne vous énervez pas !

La vieille : Je m’énerve si je veux ! Cessez de me donner des ordres !

Le comédien : Restez à votre place, madame.

La vieille : Non, je veux monter sur scène, je veux leur dire la vérité.

Le comédien : Madame soyez sympa. Nous, on fait un spectacle.

La vieille : Oui , et bien moi je vis.
……….

La vieille : Oui je pense que vous voyez. La vie , vous , vous l’avez dans les mains. Elle ne vous fait pas mal. Vous ne vous rendez même pas compte que vous la tenez, là, bien au chaud, la vie. Vous jonglez avec vos petits tracas. Mais moi j’ai vu la mort prendre possession de mon mari. Je l’ai accompagné la mort. Elle, qui a gagné, Henry, pas à pas. Alors vos petits ennuis me semblent si futiles…Henry était si solide, qui ne fallait que le toucher pour que les peines s’envolent et les angoisses se désarment. Il a été de tous mes rires pendant 60 ans. Et puis, un jour ce colosse, j’ai dû le nourrir à la petite cuillère. A la petite cuillère , vous entendez ? Comme un tout petit enfant. Une satanée petite cuillère, qui est devenue notre seul lien. Une satanée petite cuillère que j’ai fini par jeter à la poubelle , un soir de fatigue. Juste une petite cuillère entre lui et moi.